La décision est tombée : la majorité des communes de notre région a refusé la création d’un poste de travailleur social hors murs, lors de l’Assemblée générale de l’AJV, le 12 novembre à Attalens. Un poste pourtant pensé pour répondre à un besoin clair, identifié et partagé sur le terrain. Un poste qui aurait permis d’aller à la rencontre des jeunes en difficulté, là où ils se trouvent, avant que les situations ne dégénèrent. Une approche moderne, préventive et déjà largement éprouvée ailleurs.
Malgré cela, 33 voix se sont opposées au projet, contre seulement 15 en faveur.
Qui a voté contre ?
Il est essentiel d’assumer collectivement les choix qui façonnent notre territoire. Voici la répartition des votes négatifs :
- Châtel-St-Denis
- La Verrerie
- Remaufens
- Semsales
- Granges
- Le Flon
Et ceux qui ont soutenu ce projet :
- St-Martin
- Bossonnens
- Attalens
Qu’on le veuille ou non, cette carte des votes montre un paysage contrasté, où certaines communes ont choisi de donner un signal clair en faveur de la prévention sociale, tandis que la majorité a préféré reculer.
Une économie… anecdotique
Ce refus repose principalement sur des arguments budgétaires. Pourtant, rappelons les chiffres :
90’000 francs d’économie sur un total d’environ 120 millions de charges cumulées pour les 9 communes.
Autrement dit : 0,075 % du budget. Ce n’est même pas une goutte d’eau dans l’océan — c’est une vapeur d’eau. Mettre en balance une somme aussi dérisoire avec l’accompagnement de notre jeunesse en difficulté, c’est envoyer un message déplorable : prévenir les crises sociales, renforcer le lien avec les jeunes et soutenir les familles ne serait pas une priorité.
Appel à la cohérence
Il faudra désormais espérer une réelle cohérence lorsque d’autres créations de postes seront demandées, dans d’autres secteurs. On ne peut pas, d’un côté, couper un poste essentiel sous prétexte d’économie et, de l’autre, ouvrir grande la porte à de nouveaux engagements dans des domaines jugés plus « acceptables » ou politiquement plus confortables. Si l’on décide aujourd’hui que la jeunesse en difficulté doit faire les frais d’une coupe budgétaire, alors il faudra assumer la même rigueur partout ailleurs. Car les valeurs d’une région se mesurent aussi à sa capacité à investir là où les besoins sont les plus criants — et non seulement là où cela passe mieux.
Ne pas renoncer
Ce refus est regrettable, mais il doit servir de point de départ. Les besoins, eux, ne disparaissent pas. Les jeunes en difficulté ne disparaissent pas. Les familles en quête de soutien ne disparaissent pas. Nous continuerons donc à défendre une vision moderne, humaine et cohérente de l’action sociale. Et surtout, à rappeler qu’un franc investi en prévention en économise bien plus en réparation.

Laisser un commentaire