
Mesdames et Messieurs, en vos titres qualités et fonctions,
Chers Elèves,
Il est des jours où le temps semble s’arrêter. Des jours où une page se tourne. Aujourd’hui est de ceux-là.
Cette cérémonie de clôture a pour moi une résonance particulière. Il y a exactement 25 ans, en l’an 2000, j’étais à votre place. L’an 2000, c’était un symbole fort : un millénaire neuf, plein de promesses. Un monde à construire, des rêves à portée de main. Et même si tout ne s’est pas passé comme on l’imaginait — car la vie aime les détours — une chose demeure, intacte : l’espoir.
Et cet espoir, je le vois dans vos yeux. Dans vos sourires, dans cette fierté que vous montrez derrière vos robes de soirée ou vos costumes. Je vous reconnais d’ailleurs à peine… moi qui vous ai croisé si souvent durant cette année scolaire, bien moins élégants, quoiqu’il s’agisse là d’une question de goût. Mais c’est normal. Car aujourd’hui, vous changez de peau, vous franchissez une étape. Un peu émus, un peu inquiets peut-être. Mais surtout, et je vous le souhaite : heureux.
Car non, ce n’est pas une fin. C’est un passage. Un moment de bascule. Une traversée vers l’inconnu certes — mais un inconnu qui vous attend, qui vous appelle, et qui vous ressemble déjà un peu.
Vous connaissez peut-être ce poème de Jacques Prévert, où deux escargots se mettent en route un soir d’automne, l’air grave, persuadés qu’ils vont assister à un enterrement, à l’enterrement d’une feuille morte. Mais quand ils arrivent, c’est déjà le printemps. Tout a changé. Tout renaît. Et ce qu’ils croyaient être un moment de tristesse devient en réalité une fête, une célébration de la vie, de la lumière, du renouveau.
Aujourd’hui, vous vivez un passage vers un autre temps de la vie, une autre saison, la vôtre. Vous quittez l’école obligatoire. Et vous entrez, avec tout ce que vous êtes devenus, dans un monde plus vaste, plus ouvert, plus exigeant aussi… mais surtout, plein de promesses.
Oui, vous avez franchi une étape importante. Onze années d’école obligatoire s’achèvent. Onze années d’apprentissage, de rires, de doutes, de progrès, de rencontres, d’efforts et de changement, tant dans vos esprits que dans vos corps. Onze années qui vous ont forgé, et qui font de chacune et de chacun d’entre vous la personne unique que vous êtes aujourd’hui.
Et le plus incroyable, c’est que ces changements se font de manière presque imperceptible, presque invisible. Mais j’ai la chance de vous avoir vus. Il y a quelques instants, je vous ai vus entrer dans cette arène. Je vous ai vus, ces derniers mois, dans les couloirs, dans vos salles de classe, à la gare. Et je peux vous dire ceci : bien souvent, vous m’avez impressionné.
Je pourrais parler d’Ecolywood, ce projet fou, ce film que vous avez créé. Franchement… le résultat était magnifique. On regarde ça et on se dit juste : Waouh.
Et je me permettrais de paraphraser un homme célèbre, du moins en ces terres, Stéphane Simonet, qui tint à peu près ce langage :
« Quand on fait confiance à des ados et qu’on les laisse agir, on obtient quelque chose de bien. »
C’est exactement ça. Vous avez montré que vous êtes capables. Capables de créer. Capables de vous organiser. Capables de rêver et de concrétiser. J’ai fait allusion à Ecolywood, qui a mis certains d’entre vous sous la lumière des projecteurs, mais ce projet, comme d’autres, est celui de toute une école. Et aujourd’hui, vous toutes et tous pouvez être fiers d’avoir réussi. Vous voilà ainsi prêts. Prêts à entrer dans ce qu’on appelle le « monde réel », un monde plus vaste, plus exigeant, plus libre aussi. Et dans ce monde, vous emportez un bagage précieux :
- votre curiosité,
- votre imagination,
- vos compétences,
- votre expérience,
- et surtout, votre capacité à vous relever, à continuer, à avancer… comme les escargots de Prévert, qui finissent par tituber un peu, mais qui sont, toujours, heureux.

Alors, en ce bel après-midi d’été, je veux vous dire bravo.
Bravo pour votre persévérance.
Bravo pour les efforts.
Bravo d’être arrivés là.
Mais vous ne seriez pas là sans toutes les personnes qui, en ce moment, sont autour de vous.
Je tiens à remercier vos enseignantes et enseignants, qui vous ont guidés, écoutés, parfois poussés.
Vos parents, vos familles, qui vous ont soutenus, même dans les moments où vous doutiez.
La direction, point de repère essentiel au sein d’une école.
Et toutes celles et ceux qui, parfois dans l’ombre, font que cette école fonctionne :
L’administrateur et le personnel du secrétariat qui réalise un travail remarquable, indispensable au fonctionnement de l’école et de son autorité politique,
le personnel technique et d’entretien, sans lequel cette école ne serait pas aussi belle, et vos casiers bien souvent bloqués,
toutes les autres personnes qui participent à la vie scolaire ou qui vous accompagnent dans vos choix,
et enfin les collectivités publiques, canton et communes, ici représentés par mes collègues du Comité d’école, qui financent le CO de la Veveyse à hauteur de 14 millions de francs par année.
Sans toutes ces personnes, rien ne serait possible. Qu’ils soient infiniment remerciés.
Aujourd’hui, prenez donc le temps de sourire, de vous asseoir, de trinquer avec ceux qui vous aiment. Prenez l’autocar pour Paris, comme les escargots de Prévert, ou pour n’importe quel rêve que vous avez en tête. Mais surtout, gardez vos couleurs. Les couleurs de la vie. Celles qui chantent, celles qui vibrent.
Très bel été à vous toutes et tous. Et pour la suite ? Soyez heureux. Soyez audacieux. Soyez vivants. Merci.
Laisser un commentaire