Une union monétaire, composée de régions hétéroclites, est viable à long terme uniquement si elle est coiffée par une gouvernance économique forte. Si, à l’époque, l’Union européenne y a renoncé, ce n’était pas par ignorance. Elle devait faire face à l’opposition des gouvernements des Etats membres, soucieux de conserver leurs prérogatives budgétaires et fiscales. L’introduction de l’Euro n’avait pas non plus la faveur des citoyens concernés ; les deux pays ayant voté sur la monnaie unique (Danemark et Suède) l’ont rejetée. Un colosse au pied d’argile fut donc édifié. Une crise économique plus tard, il menace de s’effondrer. Pour des questions de survie, selon le Président du Conseil européen Herman Van Rompuy, un contrôle des budgets nationaux est imposé et un fond destiné aux pays en difficulté est créé. Un embryon de gouvernance économique européenne est en place. Cela suffira-t-il ?
Les pays hors de la zone Euro s’en sont-ils mieux sortis ? Si l’on observe la Suisse, c’est évident. Pour être plus objectif, comparons deux pays aux destins proches : l’Irlande et l’Islande. L’Islande a connu une crise bancaire similaire à celle de l’Irlande, fin 2008, et vient de sortir de la récession. L’Irlande, elle, s’enfonce chaque jour un peu plus. La différence ? L’Islande disposait de la souveraineté monétaire et a, de ce fait, dévalué sa devise. En plus, elle a nationalisé les banques, en laissant les investisseurs payer leurs erreurs. L’Irlande, n’ayant pas ces possibilités, a du transférer la totalité de la réduction de sa dette sur ses citoyens, au travers de plans d’austérités durables. 
Laisser un commentaire